Depuis plus de deux ans déjà, les acteurs de la musique urbaine font des réseaux sociaux, leurs principales zones d’attaque. Avec l’augmentation des offres internet, on peut donc commencer à suivre de la musique en ligne… (Comme à Mbeng).
Tout d’abord big up à la MboaTape de Mboa Urban Music qui a su se tailler une place de choix dans la sélection des « Next Stars ». Mais, MboaTape, pourquoi pas un lancement du volume 3 par un mini concert. Avec un auditorium constitué d’un carré de journalistes culturels + bloggeurs et quelques twittos/facebookeurs influents sur les réseaux sociaux?
Big Up à la « Team Bastard » (comme j’aime l’appeler) de New Bell Music qui a su utiliser Twitter pour amener plein de twittos à changer leur nom twitter en « B.A.S.T.A.R.D » et à parler du titre à leurs followers. L’effet du subconscient est direct: « C’est quoi tous ces gens qui s’appellent tous B.A.S.T.A.R.D 😮«
Mais triste est la réalité lorsqu’on sort de ce champ de bataille (Internet) pour aller sur le terrain voir la popularité de nos artistes 2.0. Le problème: le choc lorsque vous demandez à votre frère qui fait du génie civil:
- Mbom, tu as suivi le dernier son de Jovi?
- Hein? Jovi na who? Il chante quoi? Dion, augmentes nous le volume de Pala Pala 😮
Là, vous vous arretez net et vous vous rappellez que vous êtes dans la vie réelle.

Le seul qui s’est vraiment imposé dans la vie réelle après internet, c’est bien évidement Stanley Enow avec son « Hein Père! » qui s’exporte au Gabon. Beaucoup ne connaissent même pas son nom, mais chantonnent tout de même « Lééédy Ponceux I go mary you » 😀
Vu le taux de pénétration d’internet au Cameroun (~4%), les réseaux sociaux devraient être considérés comme des zones de test dans un premier temps, puis espace de diffusion dans un second temps. En faisant un tout petit classement, on pourrait définir:
- Twitter, un réseau restreint, que vous pouvez utiliser pour faire écouter vos sorties en avant-première et avoir des retours hyper rapides
- Facebook, plus populaire, lorsque les retours sur vos créations vous permettent d’aller voir plus grand.
- SoundCloud pour porter vos morceaux.
- Youtube pour les vidéos si vous avez des moyens de vous faire un clip. (Non pas les clips à deux balles faits avec un téléphone. Sauf si c’est l’effet voulu. Mais dans ce cas là, il devrait avoir un bon scénario et de bonnes prises de vue)
Après tout ceci. Allez sur scène!
Allez faire découvrir vos créations au 96% de la population du Cameroun qui n’a pas de connexion internet.
Il manque des salles de spectacle ou encore elles ne sont pas accessibles à vos fonds très limités… Organisez vous, faites des scènes communes, des soirées privées où vos spectateurs pourront vous noter et prendre goût à vos musiques.
Improvisez! Pourquoi pas faire du hack de quartier? A un après-midi, débarquez à un carrefour (comme le carrefour Banane à Mendong) avec des baffles dans un pousse-pousse tuné. Posez nous ce fauteuil au carrefour et mettez le son à fond. Lancez votre flow juste après la sortie des classes. faites un petit live. Prenez du retour réel de la « Vraie Timeline », du « Vrai Réseau Social ». Faites de ces spectateurs d’une soirée, des ambassadeurs de votre musique. Pour vous faire connaitre, combinez les deux, digital et real life. L’un ne va pas sans l’autre.
Si comme T-Pain vous avez une mauvaise voix et que vous vous cachez derrière un autotune, devenez tout simplement une bête de scène ou un Dinosaure de scène. Le show biz, c’est aussi ça. Lady Gaga l’a très bien compris.
Vous aurez atteint votre objectif lorsque le laveur de voiture sifflotera Paplé, lorsque le Nanga de l’avenue Kennedy chantera du Bangando Star ou encore lorsque votre vendeuse habituelle de tomates chantera Kumba Market en vous servant.
Big Up!
